Le quotidien l’Opinion rend compte, dans un article de Carole Papazian du 31 janvier dernier, d’une étude de l’Institut Choiseul consacrée à La mémoire des entreprises | Une ressource stratégique au service de la performance et de la transformation des organisations.

Réalisée par l’Institut Choiseul pour L’observatoire B2V des mémoires avec le soutien d’Eurogroup consulting, cette étude met en lumière tous les apports positifs qu’apportent – qu’apporteraient – à l’entreprise, la prise en compte, dans son activité et son développement, de son histoire sous toutes ses formes et d’en entretenir la mémoire et la transmission.
Si labourage et pâturage étaient autrefois les deux mamelles de la France, mémoire matérielle (patrimoine bâti et archives) et mémoire immatérielle (savoir-faire et récits partagés), qui constituent le capital mémoire de l’entreprise, devraient demain, voire dès aujourd’hui, être celles de la France entrepreneuriale.
Organisations, chefs d’entreprise, et collaborateurs ont ainsi été questionnés, dans le cadre de cette étude, pour permettre aux chercheurs ensuite d’analyser ces contributions.
La mémoire de l’entreprise, un sujet à traiter par toutes les entreprises
Le secteur du luxe connait déjà fort bien les avantages de la préservation des savoir-faire et de leur transmission mais la mémoire et l’histoire de l’entreprise peut – et devrait -concerner toutes les entreprises ou presque. Et ce, dans de très nombreux aspects, encore méconnus.
Selon le sondage Ifop réalisé en avril 2024, avec l’Observatoire B2V des Mémoires, réalisé auprès de 1000 cadres dirigeants et cité dans l’étude de l’Institut Choiseul, la mémoire de l’entreprise concernerait :
- toutes les tailles d’entreprise | 71 % des cadres du privé considèrent que la mémoire des entreprises concerne toutes les entreprises, quels que soient leurs effectifs,
- tous les secteurs d’activité | 75 % d’entre eux estiment qu’elle concerne toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité,
- tous les acteurs de l’entreprise | 43 % d’entre eux indiquent qu’elle concerne tous les collaborateurs, quelle que soit leur fonction.
L’étude de l’Institut Choiseul explore les moyens pour les entreprises de tirer parti de leur mémoire collective pour améliorer leur performance et leur résilience. Elle permet de comprendre les mécanismes par lesquels les connaissances accumulées influencent la prise de décision, l’innovation et la culture d’entreprise.
La mémoire de l’entreprise, un levier stratégique à mieux structurer et exploiter
Le président de l’Institut Choiseul, Pascal Lorot, annonce en ouverture du rapport qu »En menant l’enquête auprès de PME, ETI et grands groupes, notamment familiaux, il a été mis en évidence que, loin de l’image d’archives prenant la poussière, la mémoire est un véritable asset pour les entreprises : levier de positionnement, de performance opérationnelle, d’innovation ; outil vivant de connaissance de soi-même et de son environnement, mais aussi d’attractivité et de réinvention.«
Comme monsieur Jourdain, de nombreuses entreprises se sont cependant déjà saisies de leur mémoire, sans le formaliser ou sans le savoir, mais pour Pascal Lorot, « il y a tout à gagner pour les entreprises à structurer ce sujet, en déterminer des indicateurs et outils de mesures et partager les bonnes pratiques. »
La mémoire de l’entreprise, un champ d’application très étendu pour l’entreprise
De nature transdisciplinaire, la mémoire de l’entreprise peut s’appliquer à un champ très étendu mais le point le plus intéressant et le plus méconnu à ce jour est celui de la transmission du savoir-faire décisionnel des dirigeants.
Selon le sondage IFOP-Observatoire B2V des Mémoires, précédemment cité, 89% des personnes interrogées aimeraient contribuer à des actions liées à la mémoire de leur entreprise si on leur donnait l’opportunité.
Selon Jérôme Bodin, analyste et co-deputy de la recherche chez Oddo BHF, « une collecte et un archivage de la parole et de la mémoire du top management, notamment sur l’historique de décisions stratégiques qui impactent encore une entreprise, représenteraient une source essentielle pour les directions générales ».
La mémoire de l’entreprise, des bénéfices cruciaux pour le développement de l’entreprise
L’étude de l’Institut Choiseul insiste sur l’atout crucial que représente pour les organisations un traitement structuré de l’histoire et de la mémoire de l’entreprise :
- développement de l’innovation et renforcement de la puissance de marque | En organisant la transmission des compétences et des expertises vers les nouvelles générations de collaborateurs, en créant un lien intergénérationnel fort, l’entreprise assure la continuité des processus, des méthodes, et des connaissances essentielles au bon fonctionnement de l’entreprise, facilite la capacité d’innovation et renforce le sentiment d’appartenance à la marque.
- agilité et adaptabilité | En recensant les actions de son passé, en capitalisant sur son expérience, une entreprise peut s’adapter plus aisément et rapidement aux changements de son environnement et saisir de nouvelles opportunités. Cette mémoire lui donne un avantage concurrentiel en termes de réactivité et d’innovation mais aussi en termes de résilience face à l’adversité. La création d’une mémoire organisationnelle, tenant compte des enseignements du passé, serait un outil utile de prospective et d’anticipation des situations de crise.
- prise de décision éclairée et plus rapide | Les données et les expériences issues de l’histoire de l’entreprise peuvent faciliter des prises de décisions par la gouvernance plus pertinentes car mieux informées et documentées, et qui s’appuient sur une compréhension approfondie des enjeux, des défis et des succès – ou échecs – antérieurs.
- attractivité et fidélisation | La mémoire de l’entreprise, par la création du lien intergénérationnel et le développement du management des connaissances, peut aider à faire face aux départs non anticipés, mais surtout renforcer l’attractivité et la fidélisation des talents, de plus en plus en quête de sens lorsqu’il s’agit de décider d’intégrer une entité.
Alors que l’environnement économique, technologique et sociétal des entreprises ne cesse d’évoluer et de connaitre de grandes mutations, la préservation, la valorisation et la transmission de la mémoire d’entreprise constituent un élément indéniable de leur pérennisation.
Au-delà du constat et de la connaissance de ces bénéfices, il s’agit désormais de sensibiliser les dirigeants par la mise en place de formations adaptées, structurer la gestion de la mémoire d’entreprise par le développement de méthodes et processus, et enfin de pouvoir en mesure l’impact sur la performance et la transformation de l’organisation.
« Sans passé, il n’y a pas d’avenir » … à moins que ce ne soit plutôt « Sans mémoire, pas d’avenir » ? Mais qui est l’auteur de cette maxime ? Karl Marx ? Winston Churchill ? Georges Santayana ? L’auteur de la citation n’est pas certain, le sens de la citation, oui ! Non ?
A bientôt… pour échanger autour de l’histoire de votre entreprise !
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